Abidjan, 24 mai 2026 (AIP) – Les États membres du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) ont été exhortés, samedi 23 mai 2026 à Abidjan, à intensifier leur coopération pour contrer l’expansion de la criminalité financière transnationale et du financement du terrorisme.
Réunis à l’occasion de la 45e réunion de la Commission technique et de la 31e session du Comité ministériel, les décideurs régionaux ont souligné que la porosité des frontières et l’usage des nouvelles technologies imposent une riposte coordonnée.
Le directeur général du GIABA, Edwin Harris Jr., dont le mandat s’achève le 30 juillet 2026, a dressé un bilan positif de sa gestion. Il a notamment mis en avant les réformes administratives engagées depuis 2022, ayant permis de restaurer la crédibilité et l’efficacité de l’institution. « Le GIABA n’est plus l’institution en difficulté que j’ai trouvée en 2022 », a-t-il affirmé, tout en prévenant que la bataille est loin d’être gagnée face à l’apparition des actifs numériques et des cyber-vulnérabilités qui facilitent les flux illicites.
Pour le président du Comité ministériel, Sheku Ahmed Fantamadi Bangura, par ailleurs ministre des Finances de la Sierra Leone, la survie des groupes terroristes et des réseaux de piraterie maritime dépend exclusivement de leurs capacités de financement.
Il a préconisé trois leviers d’action prioritaires pour les États, à savoir le renforcement du partage d’informations financières, l’accroissement de l’entraide judiciaire et le contrôle rigoureux des mouvements transfrontaliers de capitaux.
Malgré les avancées, le sénateur Edmond Soumahoro, représentant le Parlement de la CEDEAO, a exprimé son inquiétude face au « faible niveau d’efficacité » observé lors du second cycle des évaluations mutuelles. Il a appelé les gouvernements à muscler leurs dispositifs législatifs nationaux.
Par ailleurs, le parlementaire s’est félicité de la décision de la CEDEAO d’entériner l’adhésion du Burkina Faso, du Mali et du Niger au GIABA, une mesure jugée stratégique pour maintenir un front uni contre le terrorisme dans l’espace sahélien.
Ouverts le 18 mai, les travaux d’Abidjan ont mobilisé durant six jours experts et ministres autour de la mise à jour des mécanismes de surveillance financière de la sous-région.
(AIP)
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