Depuis 1934, et la première participation d’un pays africain en Coupe du monde, l’Égypte (notre photo) , à 2026, où dix nations seront présentes, ce qui est une première historique, l’Afrique du football a navigué sur un long fleuve loin d’avoir été tranquille. Lorsque la FIFA avait décidé d’augmenter le nombre d’équipes participantes à 48, le continent a réussi à prendre le maximum de places, puisqu’aux neuf sélections qualifiées directement : le Sénégal, le Maroc, l’Égypte, l’Algérie, la Côte d’Ivoire, le Ghana, l’Afrique du Sud, la Tunisie et le Cap-Vert, la République démocratique du Congo a décroché son billet en passant par les barrages intercontinentaux.
À quelques jours du coup d’envoi de ce rendez-vous planétaire, les dix sélections se préparent activement, chacune avec ses moyens, son style et ses ambitions pour essayer de faire bonne figure, sachant que désormais la demi-finale pourrait être accessible, comme l’a fait le Maroc en 2022, au Qatar.
Dix nations africaines présentes, ce sont dix chances sur 48 (21 %) pour, pourquoi pas, atteindre la finale et rêver d’un sacre, même si l’exercice sera périlleux face à des adversaires rompus, dont le cercle est circonscrit à huit nations du football seulement : l’Uruguay, deux fois (1930 et 1950), l’Italie, quatre fois (1934, 1938, 1982 et 2006), le Brésil, à cinq reprises (1958, 1962, 1970, 1994 et 2002), l’Argentine, trois fois (1978, 1986 et 2022), la France, deux fois (1998 et 2018), l’Espagne (2010) et l’Angleterre (1966), une fois chacune.
Le chemin parcouru par les sélections africaines a certes été long, mais le sacre semble se rapprocher de plus en plus, surtout pour certaines d’entre elles. Mais est-ce vraiment l’année ? Les spécialistes
et les prévisions obtenues par les modèles mathématiques et autres IA ne donnent pas les nations africaines favorites, au même titre qu’un gotha mondial composé de l’Argentine, championne en titre, de la France, de l’Espagne, puis d’autres équipes comme le Brésil, l’Angleterre, le Portugal ou la Belgique. Le Sénégal et le Maroc sont deux nations que les prévisionnistes placent parmi celles réellement capables de quelque chose. La Côte d’Ivoire, récente vainqueure de la France en amical (2-1), n’est pas bien loin, avec une génération déjà championne d’Afrique en 2023 et des prétentions décomplexées.
L’Algérie, elle, a semé le doute chez bon nombre d’observateurs, avec son parcours et sa piqûre de rappel infligée aux Pays-Bas, pourtant 8e favori mondial, il y a quelques jours à Rotterdam, toujours en amical (1-0). Le Cap-Vert, petit poucet du continent et qualifié pour la première fois de son histoire, ainsi que la RD Congo, revenue après plus d’un demi-siècle d’absence (c’était l’ex-Zaïre en 1974, à une époque où le continent n’avait qu’un unique représentant), sont loin d’avoir les faveurs du moindre pronostic. Entre les deux groupes viennent s’installer l’Égypte, la Tunisie, l’Afrique du Sud et le Ghana, capables du meilleur comme du pire. Mais toutes ces équipes ont un rendez-vous avec l’histoire, celle de marquer la Coupe du monde à leur façon et, pourquoi pas…
– MOHAMED MALIK
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