Le travail de coulisses mené par le Maroc n’est pas une surprise. Faouzi Lekjaa, membre du Conseil de la FIFA,
est venu au secours de Gianni Infantino, fragilisé par le rapprochement stratégique entre la CAF et l’UEFA. À travers un communiqué signé par dix fédérations africaines, il a orchestré une réponse aux récentes déclarations du président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, concernant l’élargissement de la Coupe du monde à 48 équipes.
Les signataires ont exprimé leur «profonde déception» après les propos attribués au dirigeant européen, lequel estimait que l’augmentation du nombre de participants avait engendré davantage de rencontres «sans intérêt». Doit-on conclure que cette appréciation contestable, certes, mais totalement dénuée de fondement ?
Dans leur communiqué, les dix fédérations dont certains signataires sont également membres du Conseil de la FIFA, rappellent que «le football n’appartient pas à un groupe restreint de dirigeants privilégiés» et affirment que «la richesse du Mondial réside dans sa capacité à rassembler des sélections de tous les continents». Un discours qui se heurte toutefois à une réalité bien différente.
Car, sous l’impulsion de Gianni Infantino – avec l’appui du Maroc et des puissants réseaux de la finance sportive -, la FIFA est progressivement parvenue à étendre son emprise sur le football africain. Les rares voix dissidentes ont été marginalisées, aussi bien à Zurich qu’au Caire, tandis que des hommes de confiance du président de la FIFA ont été placés à des postes stratégiques au sein de la CAF.
Les signataires soulignent également que, pour leurs pays, «il n’existe pas de match de Coupe du monde sans importance» et qu’une qualification à la phase finale représente «l’aboutissement de longues années d’efforts, de sacrifices et d’investissements». Un constat qui ressemble beaucoup plus à une fuite en avant et contestable.
Les dix sur cinquante-quatre fédérations affiliées à la CAF, omettent un élément essentiel : en Afrique, ce sont avant tout les États qui financent les sélections nationales. Les quelques millions de dollars versés par la FIFA ne constituent qu’une partie des ressources revenant de droit aux fédérations dans le cadre de la redistribution des revenus du football mondial.
Or, la vision de Gianni Infantino semble avant tout guidée par un impératif : assurer sa reconduction à la tête de la FIFA pour un nouveau mandat. Et la perspective de voir émerger un tandem Ceferin-Motsepe qui représente 109 associations lors des prochaines échéances électorales paraît aujourd’hui de nature à perturber sérieusement ses plans.
– AB. LAHOUARI
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