L’Iran et la Nouvelle-Zélande se sont neutralisés (2-2) au Sofi Stadium de Los Angeles lors de la première journée du Mondial (groupe G). Ce résultat constitue le 8e match nul en 16 confrontations disputées depuis le début du tournoi. Certes, Il ne s’agit que du premier tour, mais cette succession de match nul invite à replonger dans le passé. La FIFA cherchait à dynamiser le football en y introduisant une arme fatale: Le but en or.
La genèse de cette idée remonte à la Coupe du Monde 1990 en Italie, entrée dans l’histoire comme l’une des plus ennuyeuses et défensives du football moderne. À l’époque, les prolongations de 30 minutes (2 fois 15) étaient un calvaire : épuisés, les entraîneurs tout comme les joueurs refusaient de prendre le moindre risque et s’appliquer à bétonner en attendant la loterie des tirs au but. Les frustrations étaient nombreuses.
Pour dynamiser le jeu, la FIFA et l’IFAB décident de frapper un grand coup en 1993. Le concept est simple, emprunté au hockey sur glace : la première équipe qui marque durant les prolongations remporte immédiatement le match. Fin du chrono, rideau, l’adversaire est éliminé sur le coup. Pour adoucir le terme historique de «mort subite», jugé trop anxiogène. L’instance internationale baptise la règle le «but en or».
Sur le papier, l’idée est censée agir comme une prime à l’attaque : pour gagner, il faut oser. Le monde du football va alors basculer dans une décennie de pure dramaturgie. L’Euro 1996, disputé en Angleterre est le premier grand tournoi à tester le concept en finale, sacrant l’Allemagne grâce à une frappe d’Oliver Bierhoff.
Deux ans plus tard, la France entière bascule dans l’extase grâce à cette règle. Le 28 juin 1998, en huitième de finale de la Coupe du Monde. Face à un Paraguay héroïque et un José Luis Chilavert infranchissable, les Bleus piétinent. À la 114e minute de la prolongation, Laurent Blanc reprend une remise de la tête de David Trezeguet et propulse le ballon au fond des filets. Le match s’arrête net.
La France exulte et danse, le Paraguay s’effondre en larmes, foudroyé sur place. Deux ans plus tard, rebelote : Trezeguet ( notre photo), encore lui, fusille au stade de Feyenoord à Rotterdam (2-1 ap, b.e.o) l’Italie en finale de l’Euro 2000 d’une reprise de volée mythique. Le but en or est alors à son apogée médiatique et les Bleus se hissent au sommet de l’Europe.
Pourtant, le miracle n’a duré qu’un temps. Très vite, la FIFA constate que la règle a produit exactement l’inverse de l’effet recherché. Au lieu de libérer les attaquants, le but en or a totalement paralysé les défenseurs. La perspective d’une élimination immédiate, sans aucune possibilité d’égaliser, est devenue un fardeau psychologique trop lourd.
Les entraîneurs jouaient la carte de la prudence et préféraient «garer le bus» devant leur zone défensive plutôt que de risquer le contre fatal. Devant ce constat d’échec et face à la frustration des supporters privés de fins de matchs épiques, la FIFA enterre définitivement la règle en 2004, revenant aux prolongations classiques. Les puristes de la balle ronde ne pouvaient que se réjouir.
– SELLES SID- AHMED
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